Nouvel Obs.: « Les Enfants d’Edouard Vichy »

 

 

presse photo nouvel obs_evasion_voyage_ vichy Les Enfant d Edouard

On est séduit par le calme nonchalant de la ville, le charme nostalgique de ses édifices Second Empire et de ses villas Belle Epoque, les jolies boutiques fantasques comme « Les Enfants d’Edouard » ou gourmandes comme la confiserie Les Marocains aux multiples douceurs.

VVA Vichy-Economie : « La Galerie de la Source de l’Hôpital »

 

presse photo carnet eco vichy enfant edouard

En cette partie de saison où les courses hippiques battent leur plein sur l’agglomération, il existe un autre « fer à cheval » à découvrir en cœur de ville invitant à la flânerie. Rencontre avec deux des commerçants de la Galerie de la Source de l’Hôpital : Les Enfants d’Édouard et Empire Café.

Les Enfants d’Édouard

Mettre en scène les produits dans une ambiance que l’on ne trouve nulle part ailleurs, pour raconter une histoire et vendre du rêve, telle est la spécificité des Enfants d’Édouard, une boutique de prêt-à-porter féminin et masculin vraiment pas comme les autres.

Créés par Geneviève et Évelyne Bertrand (photo), Les Enfants d’Édouard ont vu le jour en 1978 à Clermont-Ferrand. « Nous avions racheté un petit magasin de dentelles d’Auvergne près de la cathédrale. Puis, en 1980, nous en avons ouvert un autre à Vichy. Nous avions pensé à l’époque qu’il y avait des opportunités commerciales plus riantes qu’à Clermont. Ça s’est confirmé. Nous avons vendu la boutique clermontoise pour nous concentrer sur Vichy. » Spécialisée dans le prêt-à-porter pour enfants, leur activité s’est, au fil du temps, orientée vers les adultes, les mamans achetant pour elles les tailles 16 ans. « Nous nous sommes aperçues qu’il y avait un potentiel intéressant. »

Parallèlement à son activité vichyssoise, Évelyne Bertrand travaillait dans la capitale. « Maman était sur place. Moi, je m’occupais des achats et de la gestionJ’ai quitté Clermont-Ferrand pour Paris. A l’époque, j’avais envoyé des candidatures spontanées à trois maisons qui m’attiraient beaucoup : Harrod’s à Londres, Hermès et Céline à Paris. Le directeur du personnel d’Hermès m’a proposée de faire un stage. Là, je me suis dit que c’était la chance de ma vie. A l’issu de ce stage, Jean-Louis Dumas, qui n’était pas encore président d’Hermès, m’a demandée de faire un rapport sur la façon dont je voyais les choses évoluer à la sellerie. Pendant un mois, j’ai travaillé sur ce rapport qui a fait l’effet d’une bombe. Il m’a tout de suite donné ma chance en me nommant responsable avec pour mission d’appliquer ce que je préconisais. J’ai travaillé seize ans pour eux. Puis, j’ai voulu voir si j’existais en dehors d’Hermès et j’ai monté un cabinet de conseils. »

Situées sous la Galerie de la Source de l’Hôpital, face au kiosque, les vitrines de la boutique ne laissent aucun promeneur indifférent. « On voulait un magasin qui ait une âme. Avant, c’était une galerie de peinture. Je trouvais l’endroit magique. Nous n’avons quasiment rien modifié. Il n’était pas question de casser et mettre du formica, des projecteurs avec lumière blanche… mais au contraire de créer l’ambiance d’un appartement où les gens se sentent bien et où on raconte une histoire qui fait rêver. Parce que nous vendons du rêve et de l’émotion. »  Pour constituer sa collection, Évelyne Bertrand est constamment à l’affût de nouveautés et de petites marques. « Je suis dans le métier depuis 30 ans. J’ai beaucoup de contacts en Italie, Belgique… Ma sélection est très particulière. C’est un mélange de petites marques qui, réunies, donne une sélection étonnante. Je vais dans les salons. Je rencontre des gens par des réseaux. Je me donne beaucoup de mal mais ça me passionne ».

La clientèle des Enfants d’Édouard est vichyssoise, auvergnate mais arrive également de la France entière. Preuve en est encore, dernièrement, la visite de rouennaises qui ont fait le déplacement en train spécialement pour offrir un produit de la boutique, à l’une d’entre elles. « Une dame de Rouen était venue l’été dernier. Pour l’anniversaire d’une de ses amies, elle a pensé aux Enfants d’Édouard. Je trouve cela formidable. C’est une belle reconnaissance. J’aimerai beaucoup développer la notoriété du magasin. »

Les Invités du Kiosque

Depuis l’année dernière, à l’instigation de François Crétier (Galerie Crétier) et d’Évelyne Bertrand, les commerçants de la Galerie de la Source de l’Hôpital se sont constitués en association avec pour vocation d’animer ce lieu stratégique de la cité thermale. « Vichy est une ville où l’on peut organiser des choses très conviviales dans un décor de théâtre. Pour moi, le cœur de Vichy bat là. »

En 2011, peintres, sculpteurs, photographes et musiciens furent les premiers invités du kiosque. Cet été, l’association se ralliera aux festivités organisées par le Grand Café notamment autour du festival musette. « Nous développerons une journée autour de ce thème. Nous avons demandé à des danseurs de tango, champions européens, vivant à Vichy de faire une démonstration. Il y aura une grande table d’hôtes autour du kiosque ainsi qu’un thème vestimentaire. Ce qui m’intéresse, c’est faire quelque chose avec trois fois rien. Ça nous oblige à être très créatifs. »

Journal La Montagne : « L’atout carreaux de ces dames »

 

presse photo l'atout carreau de ces dames 1

Quand on parle du Vichy, on pense forcément à Brigitte Bardot dans sa robe à carreaux rose. Le tissu, déjà à la mode sous Napoléon III, fait un come-back remarqué.

Si les petites fleurs du liberty se sont épanouies dans les boutiques, au printemps, les carreaux Vichy habillent aussi les cintres. Mais pas seulement. Accessoires de mode, vaisselle, etc. se déclinent en rouge, bleu, noir, rose, vert, jaune… La mode est un éternel recommencement.

La toile de Vichy. Bien malin qui saurait dire à quelle date sont apparus les carreaux Vichy (*). Début XIXe, la toile, grossière et unie, est faite à partir du chanvre mélangé à de la laine. Appelée « droguet », elle ne sert qu’à confectionner des blouses et tabliers. Grâce au matériel plus performant, le tissu gagne en finesse. Le chanvre est remplacé par le coton de Louisiane et de Virginie. La toile s’appelle alors « grivat ». Et avec lui de nouveaux vêtements, à rayures, sont confectionnés fin XIXe. Les carreaux seraient apparus début XXe. Certains écrits parlent des années vingt et de Lucien Langénieux, un Roannais créateur d’un métier à tisser automatique.

La fabrication. Selon les écrits (*), la toile est née au XVIe. Vers 1820, elle est fabriquée dans des ateliers familiaux de Flamands et Bourguignons installés en Montagne bourbonnaise. Et aussi, à partir de 1826, dans l’atelier d’Antoine Besse-Bergier, aux Grivats, à Cusset. Racheté par le comte François de Bourbon-Busset en 1856, l’atelier devient « Filature des Grivats », emploie près de 300 personnes et procure des métiers à tisser aux agriculteurs.

En 1867, la filature est détruite par un incendie et ne sera pas reconstruite. Le tissu est alors fabriqué dans les ateliers des familles Bassot, Vicaire, Brazey-Baille et Delorme, qui vend le tissu au détail rue Verrier, à Vichy, jusqu’en 1947… Mais aussi à Roanne, puis dans d’autres industries textiles françaises. Aujourd’hui, le tissu est surtout produit… en Chine.

La mode. Après la visite de Napoléon III à la filature des Grivats en 1863, les « élégantes » de la cité thermale auraient lancé la mode, en France et à l’étranger. C’est à cette époque que la toile prend son nom : il fallait être vu en « Vichy »… à rayures lilas et blanc ou rose et jonquille.

La robe de Brigitte Bardot, créée par Jacques Estérel, relance la mode du Vichy dans les années cinquante. « Bardot a créé un mythe autour de ce tissu. L’association du côté sage au côté pas sage du tout ! commente Évelyne Bertrand, de la boutique Les Enfants d’Édouard. Le Vichy donne à la femme un côté sexy, frais, sans vulgarité. »

Les grands couturiers l’ont souvent fait défiler. Les carreaux sont remontés sur les podiums, notamment avec Ashish et D & G, lors de la présentation des collections printemps-été 2011. C’est le « concept du détournement » qui est intéressant aujourd’hui, selon Évelyne Bertrand, « qu’il ne soit pas porté de façon rétro, mais associé à d’autres choses, un autre style ».

Dans sa boutique, des femmes d’un certain âge ont eu un coup de cœur, pour d’autres raisons : « J’ai senti une certaine nostalgie de ce que représente le tissu Vichy. Il leur rappelle leur jeunesse. »

Les carreaux Vichy, petits et grands, s’affichent dans les magazines féminins, sous toutes les coutures, des pieds à la tête. On peut les porter version Bardot, rebelle, girly, casual… On peut même manger et boire dans du Vichy. Et les chiens, eux aussi, ont leurs barrettes à carreaux !

Les stars. Brigitte Bardot lance la mode, en 1959, lors de son mariage en robe à carreaux rose. Mais elle portait déjà du Vichy en 1952, dans Le Trou Normand, film de Jean Boyer, et avait fait la une, en 1953, du magazine Elle, en robe rose. Cette année, les carreaux se sont de nouveau retrouvés à la une. En couverture du magazine V, en Espagne, ce n’est pas Brigitte Bardot mais une « copie » : Zahia Dehar, l’escort-girl la plus célèbre de France, en bikini rose.

Les marques. Les pastilles du bassin de Vichy, de la confiserie Moinet, sont vendues dans une boîte métallique à carreaux bleu et blanc, les sucres d’orge dans des boîtes rouge et blanc. D’autres marques se sont emparées des petits carreaux : roses pour Tati, rouges pour les confitures Bonne Maman et les saucissons Cochonou.

La Ville de Vichy, en revanche, ne l’a pas pour l’instant utilisé comme un des vecteurs de son image. Cela va peut-être commencer par un pique-nique !

Patricia Lagrange

(*) Sources : Journal intime du Massif central n° 6, décembre 2004 (Éditions Bleu Autour) ; La toile de Vichy, Almanach de l’Académie du Vernet, 1950 ; Patchwork en Rhône-Alpes, Des tissus à l’histoire singulière.Vichy

Journal La Montagne : « L’atout carreaux de ces dames 2 »

 

presse photo l'atout carreau de ces dames

Quand on parle du Vichy, on pense forcément à Brigitte Bardot dans sa robe à carreaux rose. Le tissu, déjà à la mode sous Napoléon III, fait un come-back remarqué.

Patricia Lagrange

Si les petites fleurs du liberty se sont épanouies dans les boutiques, au printemps, les carreaux Vichy habillent aussi les cintres. Mais pas seulement. Accessoires de mode, vaisselle, etc. se déclinent en rouge, bleu, noir, rose, vert, jaune La mode est un éternel recommencement.

1 La toile de Vichy. Bien malin qui saurait dire à quelle date sont apparus les carreaux Vichy (*). Début XIXe, la toile, grossière et unie, est faite à partir du chanvre mélangé à de la laine. Appelée « droguet », elle ne sert qu’à confectionner des blouses et tabliers. Grâce au matériel plus performant, le tissu gagne en finesse. Le chanvre est remplacé par le coton de Louisiane et de Virginie. La toile s’appelle alors « grivat ». Et avec lui de nouveaux vêtements, à rayures, sont confectionnés fin XIXe. Les carreaux seraient apparus début XXe. Certains écrits parlent des années vingt et de Lucien Langénieux, un Roannais créateur d’un métier à tisser automatique.

2 La fabrication. Selon les écrits (*), la toile est née au XVIe. Vers 1820, elle est fabriquée dans des ateliers familiaux de Flamands et Bourguignons installés en Montagne bourbonnaise. Et aussi, à partir de 1826, dans l’atelier d’Antoine Besse-Bergier, aux Grivats, à Cusset. Racheté par le comte François de Bourbon-Busset en 1856, l’atelier devient « Filature des Grivats », emploie près de 300 personnes et procure des métiers à tisser aux agriculteurs.

En 1867, la filature est détruite par un incendie et ne sera pas reconstruite. Le tissu est alors fabriqué dans les ateliers des familles Bassot, Vicaire, Brazey-Baille et Delorme, qui vend le tissu au détail rue Verrier, à Vichy, jusqu’en 1947 Mais aussi à Roanne, puis dans d’autres industries textiles françaises. Aujourd’hui, le tissu est surtout produit en Chine.

3 La mode. Après la visite de Napoléon III à la filature des Grivats en 1863, les « élégantes » de la cité thermale auraient lancé la mode, en France et à l’étranger. C’est à cette époque que la toile prend son nom : il fallait être vu en Vichy à rayures lilas et blanc ou rose et jonquille.

La robe de Brigitte Bardot, créée par Jacques Estérel, relance la mode du Vichy dans les années cinquante. « Bardot a créé un mythe autour de ce tissu. L’association du côté sage au côté pas sage du tout ! commente Évelyne Bertrand, de la boutique Les Enfants d’Édouard. Le Vichy donne à la femme un côté sexy, frais, sans vulgarité. »

Les grands couturiers l’ont souvent fait défiler. Les carreaux sont remontés sur les podiums, notamment avec Ashish et D & G, lors de la présentation des collections printemps-été 2011. C’est le « concept du détournement » qui est intéressant aujourd’hui, selon Évelyne Bertrand, « qu’il ne soit pas porté de façon rétro, mais associé à d’autres choses, un autre style ».

Dans sa boutique, des femmes d’un certain âge ont eu un coup de coeur, pour d’autres raisons : « J’ai senti une certaine nostalgie de ce que représente le tissu Vichy. Il leur rappelle leur jeunesse. »

Les carreaux Vichy, petits et grands, s’affichent dans les magazines féminins, sous toutes les coutures, des pieds à la tête. On peut les porter version Bardot, rebelle, girly, casual On peut même manger et boire dans du Vichy. Et les chiens, eux aussi, ont leurs barrettes à carreaux !

4 Les stars. Brigitte Bardot lance la mode, en 1959, lors de son mariage en robe à carreaux rose. Mais elle portait déjà du Vichy en 1952, dans Le Trou Normand, film de Jean Boyer, et avait fait la une, en 1953, du magazine Elle, en robe rose. Cette année, les carreaux se sont de nouveau retrouvés à la une. En couverture du magazine V, en Espagne, ce n’est pas Brigitte Bardot mais une « copie » : Zahia Dehar, l’escort-girl la plus célèbre de France, en bikini rose.

5 Les marques. Les pastilles du bassin de Vichy, de la confiserie Moinet, sont vendues dans une boîte métallique à carreaux bleu et blanc, les sucres d’orge dans des boîtes rouge et blanc. D’autres marques se sont emparées des petits carreaux : roses pour Tati, rouges pour les confitures Bonne Maman et les saucissons Cochonou.

La Ville de Vichy, en revanche, ne l’a pas pour l’instant utilisé comme un des vecteurs de son image. Cela va peut-être commencer par un pique-nique ! n

(*) Sources : Journal intime du Massif central n° 6, décembre 2004 (Éditions Bleu Autour) ; La toile de Vichy, Almanach de l’Académie du Vernet, 1950 ; Patchwork en Rhône-Alpes, Des tissus à l’histoire singulière.

un pique-nique

Dimanche 26 juin. La Ville organise un grand pique-nique, à partir de midi, dans le parc des Bourins. Les nappes à carreaux seront de mise, et l’eau Vichy Célestin servie par les donneuses d’eau, en robe Vichy bien sûr !

Journal La Montagne : « Mes projections très roses pour Vichy »

 

528962

Vichy l’a emporté sur Paris. Pour son environnement, son calme, des atouts auxquels il manque juste un grain de folie. Mais Évelyne Bertrand est très optimiste.

Fabienne Faurie

Consultant en relations humaines et présidente de la SARL Les Enfants d’Édouard, à Vichy, Évelyne Bertrand a quitté Paris et réside depuis deux ans à Vichy où jusqu’ici elle était seulement de passage.

Comment êtes-vous arrivé ici ? Je vivais à Paris et je venais régulièrement ici. Je travaillais chez Hermès puis je suis devenue consultant en relations humaines. À Vichy, j’étais dans les coulisses des Enfants d’Édouard. Je m’occupais des achats et de la mise en scène des vêtements. Depuis le décès de maman, je vis ici car j’ai repris la boutique et je vais régulièrement à Paris. J’aime bien aller en respirer la folie.

Quel est le principal atout de l’Allier ? Sa qualité de vie, parce que justement on y vit plus lentement. Et, cela correspond sans doute à ce que je recherche dans ma vie aujourd’hui. J’adore Vichy, j’y rencontre des gens passionnants.

Quelle est sa principale faiblesse ? Peut-être le manque d’audace. Je ne sais pas si c’est propre à l’Allier. La peur d’oser en général, comme de ne pas oser porter un vêtement qui va les singulariser un peu trop.

Quelle est la meilleure chose qui soit arrivée à l’Allier ces dernières années ? Je déclare forfait car je réside seulement depuis deux ans dans ce département.

Quels sont les services qu’il faut conserver à tout prix ? Je ne sais pas si je peux répondre très précisément. Un service ? Pour l’avoir vécu récemment, je citerai celui de l’aide pour l’hospitalisation à domicile. Et tous les services qui contribuent au cadre de vie, l’entretien des parcs de Vichy, par exemple.

Les Bourbonnais sont-ils accueillants ? Ceux que je côtoie et que je connais sont très accueillants. Comme dit Alexandre Vialatte, « Ils ont peut-être la peau froide mais le cœur chaud ».

Entre les trois bassins de l’Allier (Montluçon, Moulins et Vichy), lequel semble présenter le plus d’atouts ? Vichy, mais je connais insuffisamment les autres. Vichy détient un potentiel fabuleux, en terme de charme, de capacité à faire rêver. À condition que cette désuétude soit associée à du dynamisme. Vichy est une ville qui n’a pas dit son dernier mot. Elle a une âme. Mais cela ne suffit pas. Il faut que les Hommes fassent bon usage de cette âme. Lui rester fidèle tout en innovant.

Pouvez-vous décrire un site bourbonnais qui vous touche ? Le centre national du costume de scène à Moulins et l’opéra de Vichy. Ce sont des lieux chargés. Et toutes les sources sont également des lieux forts.

Quel est le personnage bourbonnais qui vous inspire le plus ? Je dirais Napoléon III qui a joué un grand rôle à Vichy et deux directrices. Celle du Centre national du costume de scène et celle de l’Opéra de Vichy. Ce sont deux femmes qui ont su utiliser l’âme du lieu.

Quel est le cliché dont est affublé le département qui vous énerve le plus ? Celui de Vichy sous l’Occupation. Il serait temps que Vichy cesse d’être préoccupé par cela, d’en faire le deuil. Les références de Vichy sont l’eau et l’Occupation. Il faudrait que la ville soit associée à autre chose.

Qu’est-ce qui manque à l’Allier ? Peut-être un aéroport et un TGV en tout cas, un moyen de transport autre que le Téoz. Des hommes qui en assument les racines et qui s’appuient sur les gens comme des auteurs. Quel que soit le domaine et son importance. Chacun peut apporter de la vie à cette région. Il faudrait reconnaître ces acteurs, les écouter, créer des liens entre eux, entendre leurs suggestions.

Demain êtes-vous prêt à payer pour emprunter la RCEA pour qu’elle soit mise à deux fois deux voies ? Oui, pour limiter le nombre d’accidents et de morts.

Quelle idée (géniale) pourriez-vous souffler aux politiques pour enrayer le déclin ? Donner le goût de vivre, lentement, dans cette région et partager des petits bonheurs. À une époque où les citadins sont pressurés, c’est un argument auquel les gens sont sensibles. Donner envie d’y vivre et d’y travailler. Il est évident que si je vivais à Paris ou New York, mon chiffre d’affaire serait différent. Mais, ici, il est en synergie avec ma qualité de vie.

Seriez-vous prêt à changer vos modes de transport si de nouvelles dessertes ferroviaires comme le TGV étaient mises en place ? Déjà, je prends régulièrement le train pour aller à Paris, donc s’il y avait le TGV Je fais, au minimum, un voyage par semaine. Ces six heures de trajet sont un temps de pause, de réflexion que je m’octroie.

Qu’est-ce qui vous agace ici ? Le bâtiment à l’entrée de Vichy (ex-hôtel des Charmilles) quand on arrive par le pont de Bellerive. Il est devenu la proie des pigeons, on dirait une maison hantée. C’est même glauque.

Pensez-vous qu’une grande région Rhône-Alpes-Auvergne serait plus cohérente ? On a intérêt à s’associer avec des territoires forts, à condition de ne pas perdre son identité, d’avoir une complémentarité.

Si vous ne viviez pas dans l’Allier, où iriez-vous ? Je suis bien ici. Quand on est bien avec soi, on est bien partout. n

Interview Evelyne Bertrand

Evelyne Bertrand, propriétaire du magasin « Les enfants d’Edouard » à Vichy nous livre son témoignage d’usager du Téoz.

Interview Vimeo Evelyne Bertrand