Les Enfants d’Edouard ont le plaisir d’exposer à la vente les œuvres d’ EMMA CHEDID-ADVENIER , du 13 Mars au 29 Avril 2019

« J’ai grandi dans une maison peuplée de fantômes et de musique dans la magnifique campagne de l’Allier. Mes meilleurs amis ont longtemps été les chats, les chiens, les lapins, les veaux de la ferme, le marronnier qui trônait dans la cour et veillait sur moi, le sumac où je me réfugiais quand ma mère m’appelait pour mettre la table, l’ombrage du frêne pleureur. Là, j’ai vu ce qu’était naître, ce qu’était tuer, être mort. Enfant, lorsque mon père m’emmenait avec lui en forêt et que j’étais fatiguée, il me faisait m’adosser à un chêne, les paumes contre son écorce, pour prendre son énergie et celle de la Terre. La nature n’a jamais cessé d’être une amie vivante pour moi.

Après des études littéraires, j’ai commencé à travailler pour l’industrie du disque. De fil en aiguille, j’ai été chargé, entre autres, de la création de l’univers visuel des nouvelles pièces musicales des artistes dont je m’occupais. C’est ainsi que j’ai été en contact avec la création visuelle et des artistes formidables parmi lesquels Juliette Gréco, Zazie, Phil Barney, Stefan Eicher, Rachid Taha, toutes les chanteuses du Mystère des Voix Bulgares, et l’homme dont je partage la vie.

Un bref passage par la chaîne Voyage où j’assurais la rubrique culture m’a permis d’apprendre que les Aborigènes d’Australie peignaient leurs rêves comme s’ils étaient à plat ventre dans le ciel, et de me rendre compte que je me sentais inutile parce que je ne créais pas.

Alors je me suis mise à peindre (en conservant le point de vue vertical), à écrire, à travailler sur des scénographies de spectacles musicaux et me laisser porter par mon imagination. Depuis je ne cesse de créer.

Parallèlement la culture de l’Inde travaillait en moi. Le sitar de Ravi Shankar à l’adolescence, la voix de Najma Akhtar sur Radio Nova, avaient ouvert un champ extraordinaire de sonorités et de vibrations ; le premier chapitre des « Mythes et Dieux de l’Inde » d’Alain Daniélou sur la nature de l’Absolu m’avaient ouvert l’esprit ; le Yoga et le Baratha Natyam structuraient mon corps et mon esprit.

Lors de mon deuxième voyage en Inde, arrivée de Calcutta à Varanasi malade, je suis allée prendre un cours de Yoga. Le professeur me dit alors : « You’re a teacher ? » « I’m not ». « You’re a teacher ! » « No, I’m not ! ». « You’re a teacher. ». A cette époque, mon professeur de Yoga à Paris répétait un mantra « je ne suis pas éternelle ». Grâce à cette heure passée au dessus du Gange, je n’avais plus mal au ventre, et je me suis rendue compte que si je souhaitais que ces bienfaits du Yoga continuent à être distribués, c’était à moi de prendre le relais. En rentrant en France, je me suis inscrite à la formation de la Fédération Française de Hatha Yoga que j’enseigne, ainsi que le Yoga du Son.

Ceci explique la variété de mes créations et activités. »

« Peindre me relie à quelque chose de beaucoup plus vaste.

Lorsque je peins, il y a deux démarches.

Soit se laisser habiter par un élan, un jaillissement intérieur qui demande d’être totalement ouvert, en accueil, à l’écoute, de le laisser couler en soi sans juger ce qui se présente car on ne sait comment il va s’exprimer, quelle forme il va prendre.

Soit le désir de transmettre quelque chose qui m’a émue est mon moteur. La beauté d’un arbre déployé, ce que le vent met en mouvement, l’ouverture d’une fleur au monde, la lumière au fond d’une pupille.

Dans les deux cas il s’agit d’honorer. Honorer ce que je reçois pour montrer ce que l’on ne voit pas forcément au premier regard, ce que mon âme saisit au delà du simple paysage de la forme.

En ce qui concerne les portraits des gens de l’Inde, la Lumière de leurs regards me nourrissait. Lorsque je me débattais avec la matière, je plongeais au fond de leurs yeux, j’y trouvais une bienveillance et un Amour infinis, j’y trouvais une joie profonde et silencieuse. J’y puisais du courage.

C’est cela que j’ai eu l’intention d’offrir dans chacune de mes toiles. Qu’en plongeant dans ces âmes indiennes le spectateur reçoive quelque chose qui nourrisse la sienne et lui fasse du bien.

Peindre me relie à l’Amour, sous-jacent au monde des formes dont il est le seul ciment véritable, la seule et unique raison pour laquelle chacun de nous est de passage sur Terre. »

Emma Chedid-Advenier

www.emmachedid.com
contact@emmachedid.com

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